La thérapie cellulaire

I. Qu’est-ce que la thérapie cellulaire ?

 La thérapie cellulaire est une technique médicale qui consiste à réparer un organe défectueux ou des tissus par une greffe de cellule. Ces cellules peuvent être prélevées sur l’individu lui-même (la personne malade, une autogreffe), ou sur un autre individu. La thérapie cellulaire est un nouvel espoir pour la médecine, et elle pourrait constituer une véritable révolution médicale. En effet, on espère qu’elle pourra soigner des maladies aujourd’hui incurables telles que l’Alzheimer, parkinson, diabète, leucémie… ou facilité les greffes et restauration d’organes.

  

Les cellules utilisées  pour la thérapie cellulaire sont souvent les cellules souches. Leur secret ? Elles ont l’art de générer toutes les autres. 

En effet elles ont la capacité de :

 

- donner des cellules spécialisées (par différenciation cellulaire).

 Ex : les cellules souches hématopoïétiques présentes dans la moelle osseuse sont capables de régénérer toutes les cellules sanguines.

- se renouveler (presque) continuellement. Ex : 10^8 cellules intestinales sont remplacées chaque jour grâce aux cellules souches intestinales.

 

 (à regarder jusqu'a 00:51s seulement), source : youtube.com

source : science & vie n°1070

 

La découverte de ces cellules souches est très récente (en 1950, on découvre les cellules de la moelle osseuse régénérant les cellules sanguines), et la quête de ces cellules continue, axel khan, directeur de l’institut de Cochin a  même déclaré « la quête des cellules souches est l’une des plus fascinantes aventures scientifiques de l’humanité ».

Les cellules souches sont présentes dans tout notre organisme. En effet, chaque groupe cellulaire ayant naturellement un objectif de réparation prédéfini : les cellules souches présentes dans le cerveau remplacent les neurones, les cellules souches musculaires le muscle, etc. En quelques années, de véritables prouesses ont été réalisées en laboratoire. Ainsi, des cellules aussi complexes que les neurones ou les cellules cardiaques immatures ont été cultivées en grande quantité, puis transplantées sur des organes si malades qu’on les croyait perdus. Le cœur, le cerveau, les yeux … aujourd’hui avec les progrès de la médecine régénérative, réparer l’irréparable est de moins en moins une utopie. Mais malgré ces résultats inespérés, de nombreux problèmes ont été mis en évidence et ce qui reste à accomplir est gigantesque.

 

A) La thérapie cellulaire des cellules souches

 

L’exploitation des cellules souches est un phénomène mondial :

  • Au Brésil, l’espoir de réparer le cœur, grâce à des cellules souches adultes issues de la moelle osseuse.

 

  • En France, l’espoir de régénérer les neurones : pendant 3 ans trois patients atteints de la maladie de Huntington sur 5, ont vu leurs capacités intellectuelles (communication, mémoire …) et de mouvements s’améliorer. Chez ces trois patients, le bienfait de l’opération observée après 2 ans a connu un plateau avant le retour d’une phase de déclin entre 4 et 6 ans. Le protocole d’utilisation des cellules souches adultes neuronales (neuroblastes, prélevés sur des fœtus) est donc encore imparfait mais les recherches se poursuivent ainsi que les essais. 

 

 source : science & vie n°1070

  • Au royaume uni, l’espoir de régénérer la moelle épinière (à partir de cellules de la muqueuse nasale !)

 

  • En Italie, l’espoir de restaurer la cornée (à partir de cellules limbiques présentes à la surface de l’œil et qui se différencient en quelques jours en cellules de la cornée). 
  • Au Canada, l’espoir de tonifier les muscles, par une greffe de myoblastes, cellules chargées de produire des fibres cellulaires, sur des patients atteints de la dystrophie musculaire de Duchenne, par le professeur jacques Tremblay.

 

  • L’espoir de guérir le diabète. 

Et si le meilleur traitement contre le diabète se trouvait dans le pancréas lui-même ? Voilà la question que pose ces trois médecins : Harry Heimberg (centre de recherches sur le diabète, Bruxelles) et ses collègues Raphaël Scharfmann (Inserm paris) et Gérard Gradwhol (Inserm Strasbourg). En effet, ils ont isolé pour la première fois des cellules souches pancréatiques chez la souris. Leur atout ? Elles sont capables de se différencier en cellules bêta, qui produisent l’insuline, hormone chargée de réguler le niveau de sucre dans le sang. Ces cellules pourraient donc remplacer les cellules bêta défaillantes chez les diabétiques de type 1. Toutefois, l’existence longtemps controversée de ces cellules chez la souris reste à prouver chez l’homme, avec l’espoir de troquer un jour les injections d’insuline contre une transplantation de cellules souches...

De nombreuses expériences sont réalisées chaque jour, afin de percer le secret de ces incroyables cellules et de découvrir de nouveaux moyens de les exploiter (afin de mettre à profit l’extraordinaire capacité de ces cellules à produire du tissu biologique).

 

B) Mais la thérapie cellulaire ne repose pas que sur les cellules souches


 

 

 

Ils ont guéri des patients diabétiques !  Cette équipe pluridisciplinaire du CHU de Lille composée de chirurgiens, d’endocrinologues, d’immunologistes ont réalisé ce miracle.

 

 

 source : science et vie n°1106

 

Cela faisait 25, voire 30 ans qu’ils étaient diabétiques. Sans que l’on sache vraiment pourquoi, leur organisme produit des anticorps qui détruisent les cellules du pancréas chargées de réguler le taux de sucre dans le sang. Sans elles, le sucre s’accumule, entrainant infarctus, accident vasculaire cérébral, atteinte de la rétine et des reins, etc…  Les 14 patients qui ont bénéficié de cette greffe  (7 femmes et 7 hommes) avaient atteint le stade le plus sévère de la maladie, faisant partie des 10% des cas où les injections d’insulines en suffisent plus à rétablir le taux de sucre dans le sang. Aujourd’hui, huit d’entre eux s’en sont sortis !

 

 

« six ans après les premières greffes, nous tenons la preuve qui nous permet de dire à nos patients : ‘ A l’issue de la greffe, vous avez une chance sur deux de devenir insulino-indépendants’ (plus besoin d’injection d’insuline) » indique le chirurgien François Pattou, directeur de l’équipe Inserm Biothérapies du diabète à l’université de Lille II, à l’origine de l’étude.

 

 

source : science & vie n°1106

 « La greffe s’adresse uniquement à certains patients atteints de DT1 sévère, soit 1 à 2% des cas de DT1. Sachant que les enfants et les femmes ayant un désir de grossesse en sont exclus» en raison du lourd traitement qu’elle implique.

 

 

Concrètement, en quoi consiste cette greffe de cellules ?

 

 

 

 

Les scientifiques prélèvent le pancréas de donneurs en état de mort cérébrale, puis en isolent les îlots de Langerhans, qui contiennent les fameuses cellules greffées (les cellules bêta dont on a parlé précédemment. Attention ici ce n’est pas un greffe de cellules souches pancréatiques qui est réalisées, mais une greffe de cellules déjà différenciées.) 

 

  

source : science & vie n°1106

Ces ilots sont ensuite injectés par une perfusion dans la veine porte (veine du foie) du receveur. Vingt minutes suffisent pour que les cellules s’installent dans le foie. On ne les greffe pas dans le pancréas, leur emplacement naturel, car celui-ci est trop fragile. De plus pour mesurer la glycémie et sécréter de l’insuline, il leur suffit d’être dans le circuit sanguin. 

 

Résultat : après 3 à 6 ans de suivi, 11 patients ont gardé des îlots fonctionnels, et 8 d’entre eux n’ont même plus besoin d’injection d’insuline. La réussite de cette équipe lilloise, là où plusieurs équipes dans le monde avaient échoués, réside, pour François Pattou, dans un souci de qualité. Il explique « nous étions persuadés que la fonction initiale du greffon est primordiale. Nous avons donc veillé à la qualité du prélèvement et de la conservation du pancréas, à la qualité de l’isolement des cellules et avons décidé de greffer un maximum d’îlots. » (En effet seules 50% des fragiles cellules greffées survivent).

Mais cette greffe de cellules nécessite un traitement immuno-supresseur à vie, les anticorps des patients ayant toujours tendance à détruire les cellules greffées (d’où le lourd traitement que cette greffe implique). 

François Pattou anticipe «  A terme, cette greffe pourrait concerner quelques centaines de patients en France, dans la limite du nombre de donneurs.»

 

 

 source : science & vie n°1106

 

 Le schéma ci-dessous présente les différents types de cellules qui existent dans notre organisme au cours de son développement. Les cellules qui ont fait l’objet de notre première partie sont les cellules unipotentes, ne pouvant donner qu’un type cellulaire particulier, mais pouvant produire des cellules spécialisées de ce type à l’infinie. Nous allons maintenant nous intéresser dans une seconde partie, aux cellules souches pluripotentes, capables de donner tout type cellulaire.

 

 source : science & vie n°1070

II. Les cellules de demain, les cellules souches embryonnaires

  

 

 

 

Les cellules souches embryonnaires (dites ES, de l’anglais Embryonic stem cells) sont présentes dans l’embryon peu de temps après la fécondation, au stade de développement dit de blastocyste (entre le 5ème et le 7ème jour, l’embryon fait alors moins de 150 cellules).

 

 

                 un blastocyste (source : http://marco.garnier.free.fr/)

 Ces cellules sont considérées comme l’archétype de la cellule souche pluripotente (cf schéma ci-dessus), c’est-à-dire capable de générer tous types de tissus.

Les cellules ES de la souris ont été cultivées pour la première fois en 1981, mais il faut attendre 1988 pour que les cellules souches embryonnaires humaines soient cultivées avec succès. Dans des conditions de cultures précises (mise en suspension, facteurs de croissance particuliers...), on peut orienter leur différenciation vers un type cellulaire donné (neurones, mélanocytes, cellules musculaires, cellules sanguines...). Mais maitriser la différenciation relève encore de l’exploit, avec tout de même de récents succès datés de 2010 !

Néanmoins il faudra encore surmonter de nombreux obstacles scientifiques avant de pouvoir utiliser ces cellules cliniquement.

http://www.chercheurs.afm-france.org/ewb_pages/b/bibliotheque_video.php?on_submit_recherche_bl=1&dim_outil1_int=1269&page178_int=2#result

regarder : En quête de cellules souches (format wmv - 71,4 Mo) de Jean Francois Ternay, de 6:00 min à 6:35 min

Comment obtient-on ces cellules ES ?

-A partir d’embryon humain

Les cellules souches embryonnaires sont prélevées sur des embryons humains. Les obtenir implique donc soit la production d’embryons humains soit l’utilisation d’embryons surnuméraires* issus de la fécondation in vitro. Ces derniers peuvent être céder à la science S'ils ne font plus l'objet d'un projet parental et si les parents y consentent, ils peuvent alors faire l'objet de recherche sur les cellules souches sous certaines conditions, selon la loi française de bioéthique de 2004. Les cellules souches embryonnaires sont ensuite prélevées sur l’embryon au stade blastocyste, ce qui nécessite la destruction de l’embryon, d’où les nombreux débats éthiques autour de cette pratique. Ces cellules ES sont ensuite mises en culture, afin qu’elles se multiplient pour former des lignées cellulaire, capables de se multiplier indéfiniment, tout en conservant les caractéristiques de cellules souches (ES) pendant des mois et des années.

ponction d'une cellule chez un embryon humain de 8 cellules, source : www.ambafrance-uk.org

- par clonage thérapeutique

Cette voie d’obtention de cellules souches embryonnaires pourrait aussi être appelée transfert nucléaire. Elle consiste à remplacer le noyau d’un ovule par le noyau d’une cellule adulte : plongé dans la substance de l’ovule, ce dernier se « reprogramme » et peut théoriquement donner naissance aux 230 types de cellules différenciées. On obtient alors une cellule embryonnaire toti ou pluripotente. Il s’agit ensuite d’orienter sa différenciation vers le tissu désiré qui sera finalement greffé sur le malade.

                                                         L’énucléation d’un ovocyte

cette pratique vous est expliquée en image (but in english) :

source : youtube.com

Le clonage thérapeutique est appelé ainsi par opposition au clonage reproductif, qui consiste à reproduire un être vivant, alors que le clonage thérapeutique, lui, ne vise qu'à produire des cellules à des fins médicales. Autorisées dans certains pays européens, les recherches sur le clonage thérapeutique suscitent de l'espoir mais aussi de la méfiance, et soulève des problèmes éthiques (notamment le don d’ovules). En effet, qu’il soit reproductif ou thérapeutique, le clonage est un sujet qui fait débat. Si les finalités ne sont pas du tout les mêmes, les inquiétudes sont quant à elles communes.

 

-en créant des cellules iPS :

  

 

Les articles publiés en rapfale par léquipe de Shinya Yamanaka, au Japon, et delle de James Thomson, aux Etats-Unis, présentent une nouvelles méthode d'obtention de cellules souches embryonnaires humaines à partir de cellules adultes.

 

 

 

 

source : www.body-philosophy.net                                                                                                                                         source : www.secret-realite.net

Sa particularité ? Pas besoin d’utiliser des ovocytes et ses embryons. Il suffit d’administrer un cocktail de quelques gènes à des cellules de peau, pour les « reprogrammer » et les ramener à l’état de cellules souches embryonnaires. Mais à l’heure actuelle, que sait-on, au juste, de ces incroyables cellules iPS (pour « cellules souches pluripotentes induites) ?

Leur histoire commence en 2006, dans le laboratoire de biologie des cellules souches, à l’université de Kyoto. Avec son collègue Kazutoshi Takahashi, S. Yamanaka réalise la première reprogrammation in vitro de cellules adultes- en l’occurrence des cellules de souris. Le principe de la manœuvre était simple : insérer dans ces cellules des gènes supposés nécessaires à l’induction et au maintien de la pluripotence, cette capacité qu’ont les cellules ES de rester indifférenciées tout en conservant leur potentiel de donner n’importe quel type de cellulaire. La réalité s’est évidemment révélée plus complexe. Car encore fallait-il trouver le bon cocktail pour cette reprogrammation, à supposer qu’il existât. Ce ne sont pas moins de 24 gènes candidats que les deux biologistes ont testés, seuls ou en combinaison les uns avec les autres. Au bout du compte, les deux biologistes ont tapé dans le mille : une combinaison de quatre gènes nommés Oct3/4, Sox2, c-Myc et Klf4 s’est révélée suffisante pour obtenir les premières cellules iPS. Des cellules embryonnaires. Enfin presque. Les cellules obtenues ressemblent à des cellules ES, ont les mêmes caractéristiques, mais n’en sont pas vraiment, il leur manque quelque chose (la capacité à contribuer à tous les tissus du corps quand on les injecte dans un embryon). Quoique qu’il en soit, la course pour obtenir des cellules iPS réellement embryonnaires était lancée. Les trois équipes de S. Yamanaka, de Rudolf Jaenish, et de Konrad Hochedlinger (à l’institut des cellules souches de Harvard) ont abouti au succès en juin 2007. Il n’a fallut que quelques mois pour que soit annoncée, fin novembre 2007, la création de cellules iPS humaines par l’équipe de S. Yamanaka et de J. Thompson. Mais, alors que les américains se sont contentés de partir de lignées cellulaires, les Japonais ont procédé à partir de fibroblastes de peau sur une personne bien réelle.

 

 source : www.larecherche.fr

Cela dit, il faut se garder d’un emballement excessif. Les actuelles cellules iPS seront indéniablement riches en enseignements sur le plan fondamental, mais elles posent plusieurs problèmes qui rendent pour l’heure inenvisageable leur utilisation en clinique. L’un de ces problèmes concerne la présence de l’oncogène c-Myc dans le cocktail de jouvence le plus utilisé. Autrement dit, un gène qui promeut les tumeurs. Cela rend c-Myc parfaitement inacceptable. Mais, bonne nouvelle, tant S. Yamanaka que R. Jaenish ont très récemment réussi à produire des cellules iPS en ne conservant que 3 des 4 gènes du cocktail même si le rendement est moindre qu’en la présence de c-Myc. Restera encore a résoudre le problème posé par l’outil même qui permet d’injecter les gènes de reprogrammation aux cellules adultes. Pour l’heure, on se sert de rétrovirus, qu’on ne sait pas insérer avec précision, or qui dit insertion aléatoire dit risque d’activation ou d’inactivation involontaire de gènes. Néanmoins, une certains optimisme est perceptible. A la question : « êtes-vous d’accord avec Wilmut (le « père » de la brebis Dolly) sur le fait que cette percée va écarter la nécessité de recourir au clonage ? » (En effet les cellules iPS se rapproche de ce qu’on attendait du clonage : au départ des cellules adultes ; à l’arrivée, des cellules souches embryonnaires immunologiquement compatibles avec l’adulte donneur) S. Yamanaka a récemment répondu : « il y a le problème des rétrovirus à surmonter, si nous n’y arrivons pas, le clonage sera encore nécessaire. Cependant je pense que c’est réalisable. »

 

Comment sont-elles utilisées ?

  • En 2005 :

Est-il possible de régénérer le muscle cardiaque après un infarctus ?

Pour cela, il faut remplacer des centaines de millions de cellules mortes, or il est difficile d’obtenir suffisamment de cellules musculaires cardiaques (des cardiomyocytes) qui ne soient pas contaminés par d’autres types cellulaires, mais aussi de transplanter cette grande quantité de cellules sans les endommager. D’après Michel Pucéat, la technique la plus appropriée serait d’injecter des cellules ES indifférenciées directement dans le muscle cardiaque. De nombreux essais on été fait sur des souris et des rats. La technique de Michel pucéat a bel et bien marché mais sur certaines souris, cela a entrainé l’apparition d’une tumeur, ce qui exclu pour le moment tout essai clinique sur un humain.

  • En janvier 2005

Une volonté de guérir parkinson grâce aux cellules ES :

L’équipe du docteur L. Studer a réussi à obtenir à plusieurs reprises et en grande quantité des neurones dopaminergiques (ceux qui sont détruits lors de la maladie de parkinson) à partir ces cellules ES humaines. Ils sont donc parvenu à diriger avec succès la différenciation des en cellules ES en neurones d. ce résultat est très encourageant mais il faut encore, pour envisager un transplantation, que le greffon ne comporte pas de cellules ES non différenciées (qui sont tumorigènes), les cellules greffées doivent survivre, maintenir et même développer leur phénotype neuronal et plus particulièrement dopaminergique ; et les neurones du greffon doivent fonctionner dans le cerveau « hôte » et le ré-innerver au maximum. Ces greffes sont bien sûr pratiquées exclusivement sur des modèles animaux de la maladie de parkinson. Mais si la différenciation neuronale des cellules ES humaines est maitrisées et les greffons de cellules standardisés, cela permettra d’accroître les bénéfices d’un thérapie cellulaire substitutive de la maladie de parkinson (c’est-à-dire que de nouvelles cellules sont greffées pour remplacer celles détruites).

  • Mars 2008 :

Une équipe de biologistes américains découvre les cellules dites « en rosette », elles ont la capacité d’engendrer tous les types neuronaux des différents régions du cerveau, contrairement aux cellules souches neuronales qui elles donnent essentiellement naissance à un type de cellules neuronales (les astrocytes, cellules du système nerveux central) et à quelques neurones spécifiques. Ces cellules souches en rosette sont issues des cellules souches embryonnaires, cela signifie que pour les obtenir il faut détruire un embryon, ce qui pose des problèmes éthiques.

 

  • Janvier 2010 :

 

source : science & vie n°1108

Ils ont recrée de la peau à partir de cellules souches embryonnaires. Cette équipe de chercheurs de l’Inserm et de l’I-Stem d’Evry, créé par Marc Peschanski et dirigée par Christine Baldeschi (au centre) a réalisé une première qui offre d’inédites perspectives pour les greffes ou l’étude des maladies génétiques rares.

Une souris dont le dos s’orne d’une greffe de peau humaine : cet étrange mélange signe l’insolente réussite de cette équipe. En 3 ans, ces chercheurs français ont doublé tous leurs collègues dans la course à l’utilisation des cellules souches, jusque-là difficiles à maîtriser.

 

 

 

 

Aujourd’hui, pour soigner les grands brûlés, les médecines ont besoin de 3 à 4 semaines pour recréer de l’épiderme à partir de leurs kératinocytes (principales productrices de cellules de la peau), ce qui fournit une peau spécifique à chaque patient. Tandis que la réussite de l’équipe française pourrait mettre à disposition, à volonté, de quoi générer rapidement de grandes quantités d’épiderme- voire de l’épiderme conservé en attente de greffe. Et surtout, cette peau issue de cellules souches dûment sélectionnées sera tolérée par un plus grand nombre de patients.

 

 

 

 

Des kératinocytes source : science & vie n°1108

Christine Baldeschi dévoile le secret qui a permis à sn équipe de réussir si vite là où d’autres cherchaient depuis plus de 10 ans : « une protéine, le BMP4, joue un rôle clé lors du développement embryonnaire humain et, du reste, beaucoup d’équipes s’n servent dans leurs travaux. Mais eux l’utilisent six jours seulement, ce qui semblait suffire pour la différenciation, tandis que nous sommes partis sur quarante jours. L’idée était de respecter la chronologie du développement naturel, car quarante jours correspondent au temps nécessaires à la différenciation des cellules souches en kératinocytes. Nous avions bon espoir, et notre approche a été la bonne », ajoute-elle. Le reste de l’équipe est au diapason. « Travailler sur l’identité des cellules est complexe, et nous avons été les premiers surpris que notre protocole marche si bien », s’enthousiasme Xavier Nissan. Le biologiste résume ce fameux protocole. Première étape : transformer les cellules souches en kératinocytes. Elles ont donc été placées sur une couche de cellules nourricières et ont reçu, à des dosages variables, des facteurs de croissance, de la BMP4 et de la vitamine C. après 40 jours, le résultat évoquait fort des kératinocytes… mais d’autres équipes avaient déjà obtenu des cellules ressemblant à des kératinocytes sans parvenir à former un épiderme… celle de l’I-Stem allaient-elle passer cette seconde et décisives étape ?

 

 

 

 

 Les cellules ont donc été placées dans un milieu de culture mobile, permettant aux expérimentateurs de les faire passer à volonté du liquide nourricier à l’air- condition nécessaire à la formation d’un épiderme. Et là, tout s’est déroulé… incroyablement normalement. Elles se sont multipliées, empilées, ont exprimé les bonnes protéines de liaison au bon endroit, etc. comme lorsque de « vrais » kératinocytes sont mis en culture pour obtenir des greffons.

 

 

 

 

source : science & vie n°1108

In vitro, la réussite était complète ! Restait à passer in vivo. Cette fois les Français se sont adressés à leurs collègues espagnoles disposant de souris immuno-déficientes pouvant recevoir une greffe de peau humain sans crainte de rejet.

 

source : science & vie n°1108

Après douze semaines d’attente, la greffe avait pris, et les souris portaient sur leurs dos un parfait petit carré de peau humaine. « Pari réussi in vivo aussi ! » annonce Xavier Nissan.

A Evry, on ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Le jeune biologiste liste quelques développements prévus : transposer tout ce protocole à l’homme afin de passer aux essais cliniques d’ici 5 ou 10 ans, pour proposer des greffes aux brûlés, mais aussi aux diabétiques, aux personnes atteintes de certaines maladies génétiques rares, mais aussi accomplir le même exploit en partant cette fois de cellules souches obtenues à partir de cellules adultes (transdifférenciation), etc. les perspectives sont presque aussi infinies que les capacités des cellules souches étudiées.

 

On constate que la découvertes des cellules ES est très récente et que l’on ne les connait pas bien. Alors que certains scientifiques cherchent encore des moyens de les obtenir, autres que la destruction d’embryon, d’autres scientifiques cherchent déjà leurs applications thérapeutiques. Comme nous pouvons le voir avec les exemples donnés précédemment, la maitrise des cellules ES est complexe et aucun essai clinique sur l’homme n’a été réalisé à ce jour, bien que les possibilités qu’offrent ces cellules soient immenses ! 

 

III. les limites de la thérapie cellulaire

 

On a du mal à ne pas s’émerveiller devant toutes les possibilités qu’offre la thérapie cellulaire, mais il faut cependant être capable de prendre du recul et ne pas s’emballer trop vite. En effet, la thérapie cellulaire pourrait guérir des maladies aujourd’hui incurables, et cela laisse à penser que cette nouvelle technique médicale va révolutionner le monde, mais elle n’est vieille que de 10 ans et encore peu sure, alors, dans combien d’années la thérapie cellulaire tiendra-t-elle ses promesses ? Et les tiendra-t-elle toutes ? Seul l’avenir nous le dira, et il est encore tôt pour conclure sur l’avenir de cette forme de médecines, même si les derniers résultats sont très encourageants.

D’autres éléments viennent limiter la progression de cette thérapie, et ils ne sont pas des moindres, ce sont les débats éthiques. Nous l’avons abordé, l’utilisation d’embryon dans la recherche sur les cellules ES provoquent de nombreux débats : faut il ou ne faut il pas détruire de la vie pour faire avancer la recherche ? Quels embryons peut-on utiliser ? À partir de quand un embryon peut-il être considéré comme un être humain ?

Ces débats vous seront présentés plus en détail dans la seconde partie, la perception du monde médical, car la thérapie cellulaire, comme toutes les autres innovations médicales au cours du temps, provoque divergences de point de vue.

 

 


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